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Tunisie: combats contre un groupe armé, la crise politique continue

L'armée tunisienne était engagée dans la nuit de jeudi à vendredi dans des combats avec un groupe armé dans une zone où huit soldats ont été tués, alors que la Tunisie traverse une grave crise politique.

Tunisie: combats contre un groupe armé, la crise politique continue

Le 2 août 2013 à 7h06

Modifié le 2 août 2013 à 7h06

L'armée tunisienne était engagée dans la nuit de jeudi à vendredi dans des combats avec un groupe armé dans une zone où huit soldats ont été tués, alors que la Tunisie traverse une grave crise politique.

Une source militaire a indiqué à l'AFP que les affrontements avaient lieu aux abords du mont Chaambi, un massif près de la frontière algérienne où un groupe armé lié à Al-Qaïda est traqué depuis décembre. C'est là aussi que huit soldats ont été tués et mutiliés lundi lors d'une embuscade qu'aucun groupe n'a revendiquée jusqu'à présent.

"Les combats sont en cours, le groupe terroriste est encerclé. Soit ils se rendent, soit ils seront tués", a indiqué la source militaire.

La radio Mosaïque FM a indiqué que les affrontements avaient lieu non loin de la localité de Bir Ouled Nasr Allah, la chaîne de télévision Nessma a aussi fait état de tels combats alors que les autorités tunisiennes restaient silencieuses, celles-ci ne commentant aucune opération militaire en cours.

Précédement, l'Algérie voisine avait annoncé avoir renforcé sa présence militaire à la frontière avec la Tunisie.

Sur le front politique, la crise déclenchée par l'assassinat le 25 juillet du député Mohamed Brahmi, attribué à des jihadiste, est entrée dans sa deuxième semaine. Si des suspects ont été identifiés et le meurtre lié à celui de l'opposant Chokri Belaïd en février, aucune arrestation n'a été annoncée.

Dans ce contexte, partisans et détracteurs du gouvernement dirigé par les islamistes d'Ennahda continuaient de se mobiliser, des milliers d'entre eux manifestant de nuit, après la rupture du jeûne du Ramadan, devant l'Assemblée nationale constituante (ANC).

Les manifestants d'opposition réclament la démission du gouvernement et la dissolution de l'assemblée, tandis que leurs adversaires, moins nombreux dans la nuit de jeudi à vendredi, militent pour le respect de la "légitimité électorale".

Dans la journée, le président Moncef Marzouki, un laïc allié aux islamistes, a reçu les responsables de plusieurs partis réclamant le départ de la coalition au pouvoir et qui ont présenté diverses solutions faute d'un front uni des opposants.

Maya Jribi, du Parti républicain qui veut la dissolution de l'ANC, a milité pour un cabinet de "salut national" dirigé par un indépendant et composé de ministres qui ne se présenteront pas aux prochaines élections.

Mohamed Hamdi, de l'Alliance démocratique, a demandé un gouvernement de "compétences" assisté par une instance composées de différents partis politiques. Il a plaidé pour que l'ANC soit maintenue mais qu'elle achève ses travaux, en particulier la rédaction de la Constitution qui est dans l'impasse, avant le 23 octobre.

En outre, le Premier ministre islamiste Ali Larayedh a reçu le secrétaire général du puissant syndicat UGTT, Houcine Abassi, dont l'organisation réclame la formation d'un gouvernement de technocrates. Aucun des deux hommes n'a fait de déclaration à l'issue de la rencontre.

"La réunion a été longue pour évaluer la situation actuelle et les solutions pour sortir de la crise et pour la lutte contre le terrorisme", a simplement indiqué le ministre des Affaires sociales Khalil Zaouia. Ali Larayedh, soutenu par son parti islamiste Ennahda, a exclu cette semaine toute démission et a proposé comme sortie de crise de nouvelles élections le 17 décembre, une fois la Constitution adoptée.

Cependant, le projet de loi fondamentale ne fait pas consensus et une soixantaine de députés réclament la dissolution de l'ANC. Si les dissensions existent parmi les opposants, elles sont aussi importantes au sein du gouvernement: Ettaktol, un membre de la coalition, est favorable à une dissolution du cabinet et deux ministres, dont celui de l'Intérieur, ont réclamé un changement d'équipe à la tête du pays.

La Tunisie peine à se stabiliser depuis la révolution de janvier 2011, la première du printemps arabe, qui a chassé Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir en janvier 2011. Outre l'essor d'une mouvance jihadiste, la Tunisie fait face à des tensions économiques et sociales.

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