Abdelilah Benkirane confirme les réformes de la Caisse de compensation et des retraites
Les réformes les plus attendues et les plus «douloureuses», celles des retraites et de la Caisse de compensation, vont être lancées bientôt.
Quand Abdelilah Benkirane prend la parole, ce n’est jamais ennuyeux. Samedi 8 juin, il s’exprimait devant le Conseil national de son parti, réuni à Salé, et a répondu à différentes questions au sujet de l’actualité politique et économique.
Le site du parti a mis en ligne une vidéo de cette rencontre (voir vidéo ci-dessus). Sur ces images, Abdelilah Benkirane endosse avec succès les habits d’un homme politique responsable, sincère, conscient des enjeux et des intérêts du Maroc. Avec son bagout habituel, il a su user des métaphores les plus simples pour décrire la situation économique de l’Etat.
Le chef du gouvernement, c’est clair, commence à préparer les esprits aux prochaines réformes et aux deux plus importantes d’entre elles : les retraites et la caisse de compensation. Des réformes «douloureuses» nous attendent, prévient-il.
Les précédents gouvernements hésitaient à réformer la Caisse de compensation, prévient M. Benkirane, «pas moi». Et sans les hésitations des partenaires laisse-t-il entendre en faisant allusion à l’Istiqlal, la réforme aurait déjà été entamée.
Et «aloustad» (le maître, ou professeur) Benkirane se livre à une véritable leçon de choses, en faisant un parallèle avec le budget d’un ménage lambda: «si tu dépenses plus que tu ne gagnes, tu vas devoir emprunter. Mais emprunter jusqu’à quand ? Si tu continues à vivre au-dessus de tes moyens, qui va payer l’eau et l’électricité, l’épicier ? Et si quelqu’un (l’Istiqlal par exemple, mais il ne le dit pas), vient faire de la surenchère, en exigeant de maintenir ce niveau de vie, tu ne pourras pas le suivre».
«Nous n’avons pas trouvé de pétrole»
«Nous n’avons pas trouvé de pétrole. Nous ne pouvons pas répondre à toutes les demandes d’augmentation des revenus et de baisses des prix», répond-il à raison à cette tendance des printemps arabes favorable à la rente et à l’assistanat.
La politique économique basée sur la demande a donc «montré ses limites. Regardez les pays européens» (il cite toute la liste, de Chypre au Portugal en passant par l’Italie et l’Espagne). «Chez nous, le déficit budgétaire et l’endettement ont atteint les limites qu’il ne faut plus dépasser, tous les indicateurs sont alarmants».
«Ce dont le Maroc a besoin, c’est d’un gouvernement qui fait des réformes pour maîtriser les équilibres macro-économique». Et ce n’est pas «du charabia (en français) les équilibres macro-économiques, c’est du concret». Puis s’adressant aux militants du parti, «votre rôle c’est de convaincre les Marocains que les réformes sont dans leur intérêt».
Politique : «Nous ne pouvons pas faire la cour aux partis d’opposition, c’est h’chouma»
Sur la politique, Abdelilah Benkirane est aussi disert.
La politique, ce n’est pas «la mathématique, ce n’est pas une formule, longueur + largeur divisés par deux».
Le PJD n’a pas eu de contacts, publics ou secrets, avec l’UC ou le RNI pour suppléer un éventuel retrait de l’Istiqlal du gouvernement. «Notre allié, c’est l’Istiqlal et lorsqu’il quittera réellement, yhenn Allah, on verra bien. Nous ne pouvons pas faire la cour aux partis de l’opposition, h’chouma».
Abdelilah Benkirane, au fond, aime bien l’Istiqlal, ce parti qui est toujours resté «correct avec nous, tout le temps».
«La visite d’Erdogan aurait été pleinement réussie si en point d’orgue, il y a avait eu une audience royale. C’est moi qui ai annoncé au Premier ministre turc la visite royale en janvier 2014». A propos de la CGEM, M. Benkirane explique qu’il a défendu les intérêts économiques marocains, demandant et obtenant un engagement en vue d’un rééquilibrage des échanges commerciaux maroco-turcs et exposant à son hôte les difficultés d’accès de plusieurs produits marocains en Turquie. «J’ai appelé Mme Meriem Bensalah» pour la mettre au courant et lui demander les dossiers relatifs aux difficultés d’accès au marché turc.
Si Abdelilah Benkirane tient ses promesses de réforme de la Caisse de compensation ainsi que des retraites, il aura parfaitement rempli son mandat, car c’est sur leur œuvre réformatrice que l’histoire juge les gouvernants.
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