Rachid Sebti, le tennisman-hôtelier
L’ex-tennisman Rachid Sebti a été le premier à monter au filet des boutiques-hôtels à Casablanca. Un marché de niche qui compte aujourd’hui cinq opérateurs. Dans l’intimité du lobby du Park Suites hôtel, au son d’un mur d’eau très zen, l’hôtelier de luxe relate son parcours.
C’est l’histoire d’un jeune homme qui rêvait de devenir tennisman. A 14 ans, Rachid Sebti s’envole pour les Etats Unis. Il y suit un cursus sport-études tennis au bout duquel il obtient un diplôme en gestion d’entreprise avant d’entamer des études en hôtellerie. Il intègre ensuite le circuit professionnel de tennis en tant que joueur puis en tant que professeur, et ce jusqu’en 1990.
Lorsque sa carrière tennistique prend fin, M.Sebti renoue tout naturellement avec l’hôtellerie et rentre au Maroc pour travailler au Sheraton de Casablanca en tant que directeur de l'hebergement. Mais il coupe court à sa carrière hôtelière pour se lancer à son compte dans l’industrie de l’ameublement.
Les années passant, le désormais homme d’affaires ressent le besoin de revenir à ses premières amours et à fuir le monde industriel. En 2007, lui vient l’idée de reproduire le concept des boutiques-hôtels de luxe qu’il a eu l’occasion de fréquenter à l’étranger. Le marché marocain encore vierge l’encourage alors à s’attaquer à cette niche dont les hommes d’affaires sont les principaux adeptes.
Son projet doit donc s’établir au cœur de Casablanca, à proximité des banques et des sièges d’entreprises. Une exigence qui le met face à une mission presqu’impossible : trouver un terrain nu en plein centre ville. Au bout de longues et infructueuses recherches, il se résigne à acheter un terrain bâti, à l’angle de l’avenue Hassan II et de la rue Terves, où il faudra détruire le bâtiment existant avant de reconstruire.

Un démarrage difficile
Pour voir naître son projet, Rachid Sebti doit investir plusieurs millions de DH. « J’ai dû faire un apport personnel, d’autant que la banque ne donne au maximum qu’un tiers. J’ai hypothéqué mes biens et j’ai eu énormément de frais car la banque ne m’a pas aidé dans ce projet. Je n’ai pas eu de fond de roulement ni de facilité de caisse», témoigne-t-il. Sans compter que le projet a pris du retard «car l’autorisation a demandé plusieurs mois alors que j’étais prêt », insiste-t-il.
Du luxe… et de l’humain
Malgré les difficultés de financement, l’entrepreneur hôtelier ne lésine pas sur les dépenses. Il débourse 300 000 DH pour s’affilier à la chaîne First luxe hôtel et engage un grand cabinet de décoration étranger.
Pour se donner un cachet chic et branché, Rachid Sebti investit non seulement dans le mobilier de luxe, les tableaux et les statues d’artistes renommés mais aussi dans le contact humain. Il confie même ses clients à des spécialistes en relations publiques pour un service personnalisé. Et lorsqu’en septembre 2011, le Park Suites hôtels est fin prêt à accueillir ses invités, ses 7 étages comptent 20 suites de 45m², un SPA, une salle de sport et une terrasse panoramique.
Objectif : 100% affaires
Un an après son lancement, Park Suites hôtel emploie 45 personnes et se classe deuxième parmi les hôtels de Casablanca en terme de chiffre d’affaires réalisé sur Booking. Un bon résultat qui a toutefois un sérieux inconvénient. « Je visais une clientèle 100% affaires, mais aujourd’hui les touristes en constituent 50% à travers Booking. Or le site facture une commission de 20% sur chaque réservation effectuée en ligne, ce qui est énorme. Nous sommes donc en train de démarcher des sociétés locales pour économiser sur les commissions », explique Rachid Sebti pour qui la clientèle business constitue « une clientèle régulière et un chiffre d’affaires garanti ».
http://www.parksuiteshotel.com/
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